COTATIONS

COTATIONS SKI





Volodia Shahshahani, journaliste et passioné de ski-alpinime (terme qu'il a largement contribué à faire connaître en France) commence à éditer des topos de ski-alpinisme à la fin des années 90.
A cette occasion il propose un système de cotation encore plus fin afin d'essayer de mieux rendre compte de la difficulté de la descente : la cotation Toponeige que l'on nommera aussi cotation "Volo".
Le principe général est de clairement distinguer une cotation pour la montée et une cotation pour la descente. Il n'y a pas de système de cotation ponctuel : si besoin, une indication est donnée en claire dans la description de la course.



Cotation pour la monté (ou difficulté de marche)



Elle reprend strictement le principe des cotations UIAA utilisées en alpinisme et mises au point par Wilo Welzenbach.

  • R : randonnée . Pour les terrains enneigés ou piolet et crampons sont normalement inutiles, même par neige dure. Recouvre à peu près les niveaux ski 1 et ski 2.

  • F : Facile. Course sur glacier sans passages raides comme la voie normale du Mont Blanc. Recouvre à peu près le niveau ski 3

  • PD : Peu Difficile. Pentes de neige jusqu'à 45°. Recouvre à peu près le niveau ski 4.

  • AD : Assez difficile. Couloir de neige raide jusqu'à 50° (par exemple le couloir NE des courtes). Recouvre à peu près le niveau ski 5.

  • D : Difficile. Couloir ou face de 55° à 60°. Recouvre à peu près le niveau ski 5 à partir de 5.4.

  • TD : Très Difficile. Non défini à ce jour.

  • ED : Extrêmement difficile. Non défini à ce jour.


A cette échelle de base s'ajoute les nuances + (plus) ou - (moins) ce qui permet d'affiner un peu plus la cotation générale de l'itinéraire comme cela se fait pour l'apinisme.

Attention : la cotation de marche utilise les mêmes dénominations que l'échelle alpine pour le ski-alpinisme, mais cela ne décrit pas la même chose. Dans l'échelle "Volo", AD ou D rend seulement compte de la difficulté de la marche c'est à dire dans notre cas de la montée.

Cette cotation de montée inclue aussi d'autres paramètres classiques en alpinisme comme l'engagement de la course : le degré d'isolement, l'altitude, la longueur de la course et la dénivelation qui vont jouer sur l'état de fraîcheur du skieur et donc sur ses capacités physiques à négocier un passage ensuite délicat. On peut aussi ajouter à l'engagement certains caractères influents sur le moral du skieur comme l'ensoleillement de la pente (les passages à l'ombre sont plus inquiétants), mais aussi en partie la présence des éléments caractérisants l'exposition dans le contexte de la montée.

Aucun des paramètres spécifiques entrant dans la cotation d'une descente n'est pris en compte dans cette cotation de marche.



La cotation ski pour la descente



La cotation de base se fait avec 4 niveaux pour rendre compte de la difficulté technique. A cela j'ajoute une cotation de l'exposition des passages à skier.

Cotation technique

Cette cotation se fait selon une échelle de ski 1 à ski 5.

Les degrés sont bubdivisés en trois afin de donner une meilleure précision, exemple :

  • ski 3.1 = degré de difficulté 3 inférieur

  • ski 3.2 = degré de difficulté 3

  • ski 3.3 = degré de difficulté 3 supérieur

Le degré 5 est ouvert vers le haut : ski 5.1, ski 5.2, ski 5.3, ski 5.4, ski 5.5, etc . (C'est le principe de cotation des voies d'escalade au US).

Ski 1 : C'est le niveau initaition. Pas de pentes supérieures à 30°. les passages, même en forêt sont assez large. La dénivellé est inférieure à 800m. L'exposition n'est pas importante.

Ski 2 : Pas de difficultés techniques particulières. Pente à 35° maximum. Mais la dénivellée ou l'exposition peuvent être importantes.

Ski 3 : Début du ski-alpinisme. Il y a des passages techniques et des pentes longues à 35°. Il peut y avoir de courts passages à 40°/45°

Ski 4 : Ski de couloir ou de pente raide : pente à 40° très longue avec de courts passages à 50°.

Ski 5 : Pente à partir de 45°/50° et rès longue. Sinon à partir de 50° sur des passages significatifs.

Ensuite l'échelle continue vers le haut dans le domaine du ski extrême : ski 5.4, ski 5.5, etc. 


Cotation de l'exposition


Cette cotation se décline en 4 degrés. Pour bien comprendre, il faut garder à l'esprit :

  • à partir de 30° de pente il est impossible de stopper une chute sur neige glacée

  • de 40° à 45° de pente il est impossible d'arrêter une chute sur neige transformée

  • 50° et plus : une chute non stoppée immédiatement conduit à l'impossibilité de s'arrêter même en neige profonde

En plus du danger lié à la raideur de la pente, la cotation d'exposition prend en compte la présence d'obtacles intermédiaires risquant de causer des blessures au skieur en cas de chute.

Expo 1: Il n'y a pas de gros obstacles, et l'exposition est celle de la pente elle-même. Ce facteur est identique pour une pente à 25° ou une pente à 55° haute de 300m et se terminant par une cuvette. Mais dans le cas de la pente à 55°, une chute aura probablement les mêmes conséquences (risque mortel important) qu'une chute sur une pente de 30° mais ayant une exposition coté 3.

Expo 2 : La pente présente dans son axe une barre (par exemple) qui provoquera votre "envol" si vous chutez au dessus. Mais à ce niveau d'exposition si l'envol est certain, le rique de choc violent ou de percussion ne l'est pas. Les couloirs en "S" appartiennent aussi à ce niveau d'exposition.

Expo 3 : Risque certain de sauter une falaise en cas de chute, mais le choc n'est pas certain à 100%. Les couloirs en "S" avec certitude de percution appartiennent aussi à ce niveau d'exposition. Le risque mortel est assez probable.

Expo 4 : Parois très haute avec rebond multiple ou zones d'écrasement. La percution est garantie. Le risque mortel est certain sauf un miracle ...

On notera que cette échelle d'exposition ne rend pas compte des risques objectifs : chutes de pierre, séracs. C'est aussi vrai pour l'évolution en terrain glaciaire : séracs, crevasses, rimaye. Il faut donc que vous teniez compte vous même de ces paramètres supplémentaires avant de vous lancer dans une course.

Le facteur exposition est primordial en ski-alpinisme car l'on skie sans être assuré par une corde. Il faut en tenir compte, car le stress contracte les muscles et a tendance à inhiber la prise de décision. L'exposition augmente donc la difficulté.

Cotation d'une course selon l'échelle Toponeige

En resumé, pour coter une course selon cette échelle, 3 valeurs sont utilisées :

  • Cotation de marche

  • Cotation de descente

  • Cotation d'exposition

Seule une lecture correcte de la combinaison des 3 éléments de la cotation vous donnera une idée des difficultés qui vous attendent, et cela sans oublier les risques objectifs et glaciaires plus la nivologie du jour.



Couloir Nord-Est du pic du Midi de Bigorre


Les autres parametres de la difficultée

La cotation cherche à donner une vision objective et standardisé du niveau de la course, mais pour un niveau théorique donné, la difficulté constatée réellement peut varier pour une course en fonction de différents paramètres.

Les paramètres "physique"

La longueur de la course et l'altitude influent sur l'état de fraicheur du skieur quand il attaque les passages difficiles.

La continuité de la pente : 500m à 45° est en général plus éprouvant qu'un petit passage à 50°.

Un couloir étroit avec une goulotte au centre est plus difficile à skier qu'une pente large ou l'on peut choisir le moment du virage.

On peut aussi ajouter à certains paramètres influants sur le moral du skieur comme l'ensoleillement de la pente (les passages à l'ombre sont plus inquiétants). 


Variation de la difficulté en fonction de la neige

Si le nivologue peut identifier un nombre presque infini de cristaux de neige différents, le skieur sera lui moins nuancé. Deux grandes catégories de neige :

  • les neiges tassées (le skieur tient en équilibre sur la partie latérale des skis : les carres).

  • les neiges "profondes" (les skis sont "à plats").

Le problème est que chacune de ces deux catégories compte des dizaines de types de neige et chacun présente une skiabilité différente (du meilleur au pire...).

Pour se donner une idée de l'importance de la neige dans la difficulté d'une course, ci-dessous un tableau comparatif théorique de la difficulté dans une pente donnée, en fonction du type de neige.
Les valeurs sont celles de la cotation ski de l'échelle Toponeige.

Inclinaison
Type de neige

<20°

35°

40°

45°

50°

>55°

transformée

1

2

3

4

5

5.4

poudreuse

3

2

2

2

3

4

croûtée

5

4

3

3

4

5

dure

2

2

4

5

5.3

5.6

glacée

3

4

5

5.5

5.7

5.9




COTATIONS MIXTES





La cotation mixte correspond à la difficulté maximale de l'escalade en terrain mixte. Il s'agit donc non pas de la cotation d'itinéraires mixtes (comportant successivement des passages rocheux et des passages de neige ou de glace), mais de la cotation de passages mixtes où le grimpeur évolue dans des zones de rocher, de neige et de glace mêlés avec un équipement adapté à l'escalade glaciaire (crampons et piolet).

L'échelle de cotation de l'escalade mixte est encore trop récente pour en faire ressortir les critères essentiels de difficulté. Elle monte de M1 à M12 par demi-degrés représentés par un "+".

On peut le résumer ainsi :


M1-M3 : Facile, peu pentu. L'utilisation de piolet(s) n'est pas obligatoire

M4 : Le grimpeur se tient verticalement et peut avoir recours aux techniques du dry-tooling.

M5 : Quelques sections verticales.

M6 : Vertical à légèrement déversant

M7 : Déversant. Dry-tooling difficile. Moins de 10m d'escalade difficile.



Généralement, le mixte au delà de M6/M7 n'est pas rencontré en montagne et il est donc spécifique au dry-tooling.




COTATIONS GLACE





La cotation en escalade glaciaire prend en compte différents facteurs, dont la pente, la hauteur de la section la plus raide, la configuration de la glace (rideaux, cigare, goulotte) ou encore la technicité de cette dernière (glace fine ou bien fournie, glace aérée ou compacte, etc.).

Grade 3 : Escalade peu inclinée (75°) avec de nombreux ressauts. La glace est bien fournie et compacte.

Grade 3+ : Idem que le grade 3 mais présentant un ressaut plus raide (80°).

Grade 4 : Escalade présentant un passage raide (85°) pouvant aller jusqu’à 10 m de hauteur. La glace est bien fournie et compacte.

Grade 4+ : Idem que le grade 4. Le passage raide peut être quasi vertical et plus long, pour atteindre 15 m de hauteur.

Grade 5 : Escalade présentant une section verticale d’environ 20m. La glace commence à s’aérer et à prendre des formes particulières : choux-fleurs ou autres aspérités. En cascade de glace, il s’agit en général de cigares.

Grade 5+ : Escalade présentant une section verticale d’environ 30m. L’escalade devient assez technique.

Grade 6 : Escalade présentant une section verticale de presque 40 à 50m. L’escalade est technique. La glace peut devenir particulièrement aérée.

Grade 6+ : Escalade totalement verticale et pouvant présenter des petits surplombs, par exemple pour passer d’un rideau à un autre.

Grade 7 : Escalade extrême. Très raide, elle peut être surplombante sur plusieurs mètres. La technique (gestuelle, notamment) utilisée par l’alpiniste s’apparente alors à celle d’un grimpeur en rocher.




Super Cyprine, cascade en 4+ dans les contreforts du pic du Midi de Genos





COTATIONS ENGAGEMENT





La cotation engagement est une estimation du degré de danger dans lequel se trouverait l'alpiniste si un problème survenait. Elle prend en compte de très nombreux critères et reste subjective. Parmi les critères principaux, on peut noter l'éloignement de la civilisation (refuge, vallée, etc.), les possibilités d'échappatoires ou de redescente, l'altitude...

I : L'itinéraire est court et s'effectue rapidement. Comme il est proche de la vallée, du refuge ou d'une remontée mécanique, les secours sont vite alertés et peuvent intervenir quel que soit le temps. Il est possible de faire demi-tour à tout moment.

II : L'itinéraire est plus long (4h environ) et se déroule donc un peu plus loin de la vallée, du refuge ou d'une remontée mécanique. Néanmoins, il est possible de faire demi-tour à tout instant. Les secours peuvent être avertis assez rapidement.

III : L'itinéraire s'étale sur plus d'une demi-journée et ne se déroule plus aux abords directs de la vallée, d'un refuge ou d'une remontée mécanique. Il n'est plus forcement visible depuis la civilisation. La retraite est possible mais commence à être délicate. En cas de mauvais temps, les secours peuvent connaître de grosses difficultés pour apporter leur aide aux alpinistes.

IV : L'itinéraire s'étale sur une journée complète. Il n'est pas accessible directement depuis une vallée, un refuge ou une remontée mécanique. Le parcours est long et n'est en général pas visible depuis la civilisation. La retraite est délicate. Un point de non retour peut être rencontré. En cas de mauvais temps, l'itinéraire peut s'avérer très dangereux et les secours ne peuvent intervenir.

V : L'itinéraire est très long et demande entre 12 et 24h d'effort. L'accès est difficile. La retraite est délicate dès l'attaque de la voie. Rapidement il n'est plus possible de faire demi-tour. Les échappatoires sont rares et délicats. En cas de mauvais temps ou de problème, les alpinistes doivent compter sur eux-même.

VI : L'itinéraire est long et peut demander plusieurs jours. L'approche est aussi longue et délicate. L'itinéraire est totalement isolé. Une fois engagé, il n'est plus possible de faire demi-tour. Les échappatoires sont des courses en soi. Une totale autonomie de la cordée est requise dans la difficulté.




Vallée du Louron vue de la crete de Batchimale




COTATIONS ARTIF





L’escalade artificielle consiste à progresser sur les points que l’on place dans les différentes faiblesses du rocher, telles que les fissures, les trous… La cotation en "Artif" est fonction de la solidité des points et de la hauteur de chute possible lorsqu’un des points cède sous l’effet de la chute du grimpeur.
Les différentes cotations s’échelonnent entre A0 et A6 :


A0 : Tous les points de protection sont en place et résistent à une chute du premier de cordée. Si  vous rencontrez dans une voie de plusieurs longueurs une section A0, c’est généralement une longueur dite "tire clou", qui vous aide à franchir une section difficilement réalisable en libre.
A1: La cordée équipe elle-même la voie, les points résistent à la chute, même si deux points au  plus peuvent être plus délicats. Le matériel utilisé est composé de pitons, de coins de bois, de coinceurs, de friends...
A2 : La cordée équipe la totalité de la voie. La majorité des points résistent à une chute. Certains passages sont plus techniques et les passages délicats correspondent entre 5 et 10 points successifs.
A2+ : Un peu plus délicat, la chute potentielle se situe entre 10 et 20 mètres.
A3 : Les passages techniques sont plus longs et peuvent être réalisés sur crochets. Néanmoins des points bétons du type spits ou pitons scellés sont en place entre les passages techniques. La chute potentielle peut atteindre entre 20 et 25 mètres.
A3+ : Les pas peuvent être encore plus délicats. Le niveau y est beaucoup plus soutenu et la chute potentielle peut avoisiner les 30 mètres.
A4 : Très longues sections techniques, les points de progressions (à opposer aux points d’assurage) peuvent avoir 10 mètres d'écart. La progression devient plus lente. Une longueur peut demander plusieurs heures. Des points solides entrecoupent ces sections très délicates.
La chute potentielle peut atteindre les 50 mètres.
A4+ : Pas encore plus délicats, escalade plus technique et plus soutenue.
A5 : Extrême, tous les points sont des points de progressions et pas des points d’assurage. La chute est interdite. L’ascension d’une longueur peut devenir interminable, de plusieurs heures à la journée.
A5+ : Aucun point ne résiste à la chute sauf les relais. Autant dire que la chute est interdite.
A6 : Par définition, les points ne résistent qu’au poids du grimpeur. Les points et même les relais ne résistent pas à un vol. La chute est donc strictement interdite.

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